Une série d'instruments méridiens similaires abrités dans des bâtiments tous singuliers
Jean Davoigneau  1@  
1 : Ministère de la Culture  (MC)
Mission Inventaire général du patrimoine culturel
182 rue Saint-Honoré 75001 Pariis -  France

Urbain Le Verrier qui succède à François Arago à la direction de l'Observatoire de Paris en 1853, trouve l'observatoire dans un état qu'il juge décevant. Le matériel méridien est ancien, technologiquement dépassé. Fort du soutien de l'Empereur, puis de la jeune République, il fera construire à une quinzaine années d'écart (1863 et 1877) deux cercles méridiens pour essayer de rivaliser avec celui de Greenwich. Le premier plus grand que celui de Airy s'avèrera moins performant ; le second, dont il ne verra pas la réalisation, produira d'excellents résultats. Ce second instrument servira de modèle pour la réalisation des cercles méridiens des « observatoires de province ». En 13 ans, de 1877 à 1891, chacun des 8 observatoires institutionnels français sera doté d'un instrument méridien exceptionnel, construit en série par le même atelier, la maison parisienne Eichens-Gautier.

Les mauvaises performances du premier cercle méridien, Le Verrier les attribue en partie à la salle méridienne qu'a fait construire son prédécesseur de 1828 à 1836. Convaincu par les arguments énoncés par Wilhelm Struve dans la description de l'observatoire de Poulkovo, il dresse dans un rapport de 1873 la liste des inconvénients de la salle méridienne accolée au bâtiment Perrault à laquelle s'ajoute les solutions à adopter. Ce solide argumentaire aboutit à la construction d'un abri autonome en bois hébergeant le second cercle méridien. L'idée d'un bâtiment autonome pour abriter le cercle méridien sera par la solution préconisée pour tous les autres observatoires de province par les décideurs parisiens (astronomes de l'Observatoire de Paris et du Bureau des longitudes). La construction des bâtiments publics demeure du ressort des administrations locales, c'est pourquoi tous les bâtiments méridiens construits auront un architecte différent qui se fera un devoir d'interpréter personnellement des règles de construction (peut-on parler de ‘cahier des charges' ?) pourtant très précises.

A partir d'une description de la salle méridienne de l'Observatoire de Paris, notre contribution présentera les recommandations de Struve, les critiques et propositions de Le Verrier, et le détail des solutions apportées dans les observatoires français. En miroir, un focus sera pointé sur le bâtiment méridien de l'observatoire universitaire impérial de Strasbourg construit dans les mêmes années.


Personnes connectées : 3 Vie privée | Accessibilité
Chargement...