De nombreux historiens et philosophes s'accordent sur le rapport durable que la physique noue avec les mathématiques au XVIIIe siècle avec l'assimilation de l'œuvre newtonienne. Pourtant, de nombreux savants restés fidèles au programme cartésien refusent la réduction de l'astronomie physique à une « mécanique céleste » purement calculatoire. Dans cette communication, nous proposons de caractériser cette résistance à la mathématisation à travers deux personnages qui l'incarnent, dans et hors de l'institution scientifique. Bernard le Bovier de Fontenelle, ancien secrétaire de l'Académie royale des sciences de Paris, consacre son dernier ouvrage publié en 1752 à la défense de la théorie des tourbillons contre l'attraction à distance. Joseph Étienne Bertier, qui enseigne les sciences dans les Collèges de l'Oratoire, développe entre 1763 et 1770 des Principes de physique destinés à compléter les Principes mathématiques de Newton. Nous nous interrogerons sur l'interaction entre les postures épistémologique et sociale de ces deux acteurs.