Déposer sa voix dans le papier. Les lettres des patients de l'Asile de Marsens à la fin du 19e siècle.
Jessica Schüpbach  1@  
1 : Institut Éthique Histoire Humanités  (iEH2)
iEH2 - Institut Éthique Histoire HumanitésCMU/1 rue Michel ServetCH - 1211 Genève 4 -  Suisse

Le site principal du Centre de soins hospitaliers du Réseau Fribourgeois de Santé Mentale, ancien « Asile de Marsens », en Suisse, abrite encore l'intégralité de ses archives médicales historiques, ouvertes en 1875 en même temps que l'institution. Outre les rapports, déclarations et autres textes de natures médicale, administrative et juridique qui figurent dans les dossiers médicaux des patient·e·s, dans le dernier quart du 19e siècle, l'écrit épistolaire apparaît comme la forme privilégiée d'expression et d'échange entre les différent·e·s acteurs et actrices qui y interviennent : instances publiques, médecins, proches et malades, dont bon nombre de lettres n'ont pas été envoyées à leurs destinataires. 

Cette communication propose d'interroger tout d'abord la position des patients épistoliers : quelle place la maladie occupe-t-elle dans leurs correspondances ? La mise en récit particulière, adressée, qui caractérise l'épistolarité, produit-elle un effet sur la maladie et si oui, lequel ?

Il est par ailleurs intéressant de se pencher sur la question de la lecture et de la réception de ces courriers. Comment les proches lisent-ils les lettres de leurs parents internés ? Perçoivent-ils la maladie à travers les mots des absents ? Dans cet établissement où les patient·e·s sont soigné·e·s selon les principes du traitement moral, par un « médecin-directeur » dont la parole et le regard sont décisifs, que peut nous enseigner la pratique de censure des lettres au sujet de la perception de la maladie et de son traitement ?


Personnes connectées : 5 Vie privée | Accessibilité
Chargement...