Depuis les années 2000, l'histoire des sciences en lien avec la Seconde Guerre mondiale a fait l'objet de plusieurs travaux. Ceux-ci se sont penchés sur des thématiques telles que le fonctionnement des institutions scientifiques sous l'Occupation, les trajectoires individuelles, la reconfiguration des disciplines et leurs applications, ainsi que l'émigration des universitaires en raison des lois raciales ou des régimes politiques. Le cas spécifique de la France a récemment été exploré, par exemple, dans le dossier thématique La « parenthèse Vichy » ? (Philosophia Scientiae, 27-1(1), 2023), édité par Christophe Eckes, Nicolas Brisset, Céline Fellag et Raphaël Fèvre.
Cette communication s'appuie sur des sources issues des archives de Météo-France, des Archives nationales et des Archives du service historique de la Défense (SHD) de Vincennes. Elle se propose de retracer la trajectoire de Philippe Wehrlé (1890-1965), polytechnicien et directeur de l'Office national météorologique (ONM) de 1934 à 1944, en se focalisant sur la période de l'Occupation et de l'immédiat après-guerre. À travers l'étude de sa carrière au sein de l'ONM, elle met en lumière la complexité de ses actions sous le régime de Vichy, marquées par des accusations de collaboration qui aboutiront à son acquittement en 1949.