Le GANIL de Caen et le cyclotron du Laboratoire de physique subatomique et de cosmologie de Grenoble (LPSC) sont deux équipements dédiés à des recherches en physique nucléaire. Ces deux accélérateurs d'ions lourds sont des structures complexes de grande dimension qui subissent des fortunes diverses. Ils ont notamment permis de développer des études fondamentales et des recherches appliquées sur le thème des matériaux (GANIL) ou pour celui du domaine médicale (Grenoble). L'apport scientifique de chacune de ces structures attire l'attention sur une lignée d'instruments de la physique nucléaire ayant généré une large postérité. En cela, en conserver la mémoire, alors que le GANIL est encore en activité et que le site historique du cyclotron pourrait donner le jour à une structure totalement refondue, se positionne comme une démarche naturelle.
Du point de vue patrimonial, les actions engagées correspondent, à plusieurs titres, à des thèmes étudiés par la mission nationalePATSTEC. Il est intéressant, avec le recul de quelques dizaines d'années seulement, d'établir un état comparatif des approches de conservation et d'exploitation des éléments matériels et des contenus, en vue d'en dégager une médiation adaptée aux accélérateurs de particules GANIL et cyclotron. En effet, il est observé une approche qui peut être qualifiée de remontante (depuis le terrain, avec le support de la mission nationale PATSTEC), pour Caen, et une approche plus descendante (historique et archivistique), pour Grenoble. A partir des témoignages de différents acteurs passés ou récents et en prenant appui sur les documents et projets existants, l'article tentera de faire l'état des attendus qui peuvent être mis en avant dès à présent pour une mise en valeur escomptée de ces structures emblématiques de la recherche française.
(sous réserve de validation du sujet courant janvier 2025 par Florent Collovati (LPSC), Anne-Sophie Rozay (PATSTEC-Normandie) et Jean-Charles Thomas (GANIL)