L'évolution des lieux d'observation astronomique en France aux XIXe et XXe siècles
Françoise Le Guet Tully  1@  
1 : Astronome honoraire, OCA  (Observatoire de la Côte d'Azur)
Chercheuse indépendante
18 rue Franklin, 93100 Montreuil -  France

Si les observations astronomiques ont de tout temps nécessité un horizon dégagé et un ciel sans nuages, des améliorations considérables dans le travail du verre, la mécanique de précision et la fabrication des horloges ont permis à partir des années 1820 de construire des lunettes astronomiques d'une qualité inégalée. Afin de bénéficier des performances observationnelles et de la précision de ces nouveaux instruments, les astronomes ont délaissé l'installation des observatoires en ville ou sur des remparts pour les implanter dans des lieux isolés à proximité des villes, puis sur des sites en altitude choisis pour leur climat et leurs cieux transparents. Dans le même temps les installations parfois précaires mises en place à la fin du XVIIe siècle et au XVIIIe siècle pour leurs instruments d'observation sont remplacées par des installations sophistiquées nécessitant la construction d'abris fixes à l'architecture spécifique.

Après avoir rappelé le contexte scientifique, technique et politique des innovations introduites en 1824 par Wilhelm Struve (1793-1864) à l'observatoire de Dorpat en Russie, on étudiera l'évolution des lieux d'observation astronomique induite en France par « l'effet Struve ». On étudiera à ce propos non seulement les questions soulevées par la course internationale aux grandes lunettes équatoriales (refracting telescopes) – détrônée définitivement au début du XXe siècle par la course aux grands télescopes (reflecting telescopes) –, mais aussi celles du statut des établissements, de leur financement et de l'entregent des différents acteurs à l'œuvre.

On abordera ensuite l'évolution des lieux d'observation astronomique résultant du développement au XXe siècle de télescopes nationaux de plus en plus puissants. Enfin on évoquera brièvement la création au cours de la deuxième moitié du XXe siècle de sites d'observationl destinés à la radioastronomie ainsi que le développement de consortiums internationaux en charge de la construction de télescopes géants – implantés au sol, sur ou hors des territoires des nations participantes, ou placés en orbite autour de la Terre. 


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