Depuis le Moyen Âge, la faculté de médecine de Paris occupe un double rôle : celui, bien connu, de formation des médecins, et celui d'organisme consultatif du Royaume de France. Lors de la « querelle de l'inoculation », une des plus grandes controverses médicales de la France du XVIIIe siècle, qui a éclaté autour de l'introduction de cette nouvelle technique de prévention contre la variole, la faculté a assumé le rôle de l'institution médiatrice entre inoculistes et anti-inoculistes. L'arrêt du Parlement de Paris de 1763 a requis l'avis de la Faculté sur le fait de l'inoculation en interdisant provisoirement l'opération dans les villes et les faubourgs. Dès lors, l'Assemblée de la faculté s'est divisée également en deux camps, et les délibérations se sont prolongées jusqu'à l'autorisation royale de l'inoculation à École Militaire en 1768, et les polémiques ont abouti grâce à la mort de Louis XV et l'inoculation de son successeur en 1774. Notre présentation se concentrera sur le processus des discussions dans la faculté que l'on qualifie de « stériles » par les historiens afin de réexaminer cette période des « tribulations des inoculations » à l'aulne des discours institutionnels, et de mettre cette controverse en rapport avec la fondation de la Société royale de médecine (1776).