Le potentiel historiographique des houillères de Lorraine : plaidoyer pour une diversité régionale de l'histoire minière
Sébastien Mellard  1@  
1 : Centre de Recherche Universitaire Lorrain d'Histoire  (CRULH)
Université de Lorraine, UFRSHS-Metz
Université de Lorraine, UFR SHA, Ile du Saulcy, CS 60228, 57045 Metz CedexUniversité de Lorraine, CLSH, Place G. de Bouillon, BP 3397, 54015 Nancy Cedex -  France

Pour la plupart des Français, les Houillères du Nord-Pas-de-Calais sont le symbole d'une activité économique et d'un cadre social qui lui-même est la quintessence du monde ouvrier hexagonal. Cette importance des mines nordistes dans les représentations se retrouve parmi les chercheurs et favorise la généralisation : lorsqu'il est question des houillères du Nord-Pas-de-Calais, il est souvent question des houillères en général, implicitement ou explicitement. Une recherche sur Cairn.info va dans le sens de cette impression personnelle d'historien et d'archiviste, puisque la mention des HBNPC y est plus de deux fois plus fréquente que celle des HBL parmi le corpus histoire (477 occurrences contre 216). Une première réflexion pourrait relever une évidence : les HBNPC ont compté jusqu'à 200 000 salariés et 28 millions de tonnes de production annuelle, contre respectivement 40 000 salariés et 16 millions de tonnes pour la Lorraine. Le Nord dispose également du prestige de l'ancienneté, puisque l'exploitation y commence un siècle avant celle de la Lorraine. Enfin, les nationalisations de 1946 qui vont de pair avec l'avènement du statut du mineur et du régime minier placent les houillères françaises dans un cadre commun qui n'incite pas réellement à chercher des divergences. Et pourtant !

La communication prendra la forme d'un plaidoyer pour un développement de l'étude comparative des houillères qui sera éclairé par l'exemple lorrain. En effet, la Lorraine cesse d'exploiter dix ans après le Nord-Pas-de-Calais, décalage dû à des paramètres économiques et techniques, ses veines plus puissantes permettant un meilleur rendement. Elle devient le premier bassin de France en termes de production dès 1974 et le premier en termes d'effectifs en 1984, ce qui induit des conditions différentes de désindustrialisation. Par ailleurs, la Lorraine houillère est politiquement plus conservatrice et se tourne volontiers vers la CFTC puis la CFDT, dans un contexte linguistique germanophone qui devrait également susciter l'intérêt.

Les sources ne manquent pas : les archives des HBL représentent un ensemble de plus de six kilomètres linéaires conservés au centre des archives industrielles et techniques de la Moselle, aux côtés d'archives syndicales, de caisses de protection mutuelle ou d'associations de salariés, sans compter les archives des mines de fer qui n'attendent que les regards des chercheurs.


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