Archéologie des pratiques astronomiques urbaines
Catherine Radtka  1@  , Florian Mathieu  2, 3, *@  
1 : Histoire des technosciences en Société  (HT2S)
Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
2 rue Conté - Paris -  France
2 : Histoire des technosciences en société  (HT2S)
Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
2 rue Conté 75003 Paris -  France
3 : Etudes sur les sciences et les techniques  (EST)
Université Paris Sud, Université Paris Saclay
* : Auteur correspondant

Cette communication propose de présenter un travail en cours sur l'histoire des pratiques astronomiques urbaines aux XIXe et XXe siècles, qui s'intéresse tout particulièrement à l'usage de sites en hauteur inscrits dans le paysage urbain : toits, tours, terrasses, etc. Notre recherche se caractérise également par une importante dimension participative, avec la contribution de membres de la commission « Histoire » de la Société astronomique de France, d'un groupe d'auditeurs.rices du
Cnam suivant un parcours de formation à la médiation culturelle des sciences et techniques, ainsi que du photographe Alain Cornu qui, depuis plusieurs années, développe un programme artistique intitulé "Sur Paris...".

Cette communication sera plus particulièrement centrée sur des pratiques astronomiques urbaines que l'on peut qualifier d'amateures et sur leur inscription architecturale dans la ville. Dans la continuité des récents travaux portant sur l'histoire des pratiques amateurs en sciences et celle de l'astronomie urbaine, nous nous intéressons notamment aux coupoles construites en haut de certains bâtiments qui ont abrité (et abritent parfois toujours) des instruments d'observation. À la suite de l'histoire des
lieux d'observation professionnels, nous proposons de réaliser une archéologie de ces lieux savants dont les acteurs se situent en marge ou à l'extérieur de la science dite « officielle ».

D'un point de vue architectural, tout en se distinguant de la forme coupole des palais ou des églises, la circularité des coupoles astronomiques renvoie d'un point de vue symbolique au ciel. Si cette circularité peut certainement se justifier d'un point de vue pratique, il nous semble aussi intéressant d'interroger l'existence d'autres ressorts expliquant la prédominance de cette forme, telle que la tentation d'imiter les observatoires professionnels, ou la disponibilité du matériel d'observation ou, encore, les habitudes des architectes.

L'existence d'une coupole implique également une certaine permanence des observations et une stabilité des instruments, là où la simple terrasse suggère au contraire un usage plus intermittent ainsi qu'un lieu de stockage des outils différent de celui où ils sont utilisés.

Enfin, dans une perspective d'archéologie des pratiques astronomiques urbaines, cette entrée par l'objet « coupole » et les lieux en hauteur soulève un certain nombre de questionnements relatifs à l'histoire de l'architecture et des lieux de savoir :
- Qui en est à l'initiative et qui les construit ? Comment les démarches à effectuer s'insèrent-elles dans les règles d'urbanisme ?
- Qui a accès à ces lieux en hauteur ?
- Comment sont-ils utilisés ? Dans quels buts ? Quid de l'évolution des usages de ces lieux ?
- Qu'en est-il d'éventuels projets non-réalisés, et pour quelles raisons ?
Afin de commencer à répondre à ces questionnements et mieux en saisir les enjeux sous-jacents, nous proposons à ce stade de notre travail d'établir une typologie dynamique sur une période de 150 ans (1800-1950) ainsi qu'une première cartographie de ces lieux se limitant à l'espace parisien intra-muros, qui seront présentées dans le cadre de cette communication.


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