Résume : Pendant la période coloniale à Maroua, la gestion des épidémies et endémies étaient principalement assurée par des autorités coloniales françaises et allemandes à travers la création des services de santé dans le but de lutter contre les maladies infectieuses, la vaccination, la mise en quarantaine et la sensibilisation à l'éducation. La gestion des épidémies et des endémies liées à un environnement très précaire, étaient marquées par des inégalités et des injustices. De plus, les vaccins et les traitements étaient réservés pour la plus part aux colons. Cette communication cherche particulièrement à montrer la place qu'occupe les colons dans le devenir de son patient (autochtone) ainsi que leurs réalisations dans le domaine de la santé dans la ville de Maroua pour contrecarrer les maladies telles que la variole, la maladie du sommeil et la malaria. La méthodologie adoptée pour conduire cette étude a consisté d'abord en une collecte d'informations à travers des entretiens, des observations, la consultation des travaux scientifiques, archives etc.), ensuite à leur traitement et enfin, à l'analyse. Il en ressort que les services médicaux des débuts de la colonisation restent à la fois limités et marqués par une très nette division sociale. Il y a des services curatifs destinés aux Européens et leur personnel. Les autorités coloniales créent dans les villes des hôpitaux pour les militaires, colons, marchands et cadres européens ainsi que pour le personnel indigène employé par l'armée et l'administration. Assez rapidement les entreprises et plantations créent également des dispensaires pour soigner leur personnel indigène. Concernant les infrastructures sanitaires, durant la période coloniale, elles sont rares dans la ville de Maroua car les européens n'avaient pas eu le temps nécessaire pour les mettre en place. Toutefois, ils ont utilisé certaines bâtisses pour isoler les personnes en cas d'épidémies. Au sein de l'hôpital Régional de Maroua, il existait une bâtisse qui servait à isoler ou à mettre en quarantaine des malades présentant des symptômes d'épidémies.