Le site imbriqué comme lieu de production de savoirs agronomiques au Cameroun français : les cas de la station expérimentale de cacao de Nkoemvone et du centre de recherche agronomique de Nkolbisson(1948-1960) .
Silvere Okala  1@  
1 : IDHES
Université Paris VIII Vincennes-Saint Denis

Le centre de recherche agronomique de Nkolbisson et la station expérimentale de cacaoyer de Nkoemvone sont des avatars de la conférence de Brazzaville de 1944 entre la France et ses colonies en Afrique noire, dont l'objectif était la modernisation de la colonisation. Cette modernisation est, entendue comme l'irruption dans les politiques coloniales, la nécessité d'améliorer le sort des populations colonisées. Dans le cadre de cette modernisation, l'accent est mis sur le développement de la production agricole en encourageant de nouvelles pratiques culturales dans les colonies et en introduisant des matériaux végétaux améliorés. Dans ce cadre, de nombreuses institutions de recherche agronomique sont mises en place, à l'instar institutions mentionnées. Ces nouvelles institutions ne se limitent pas à produire des savoirs, elles représentent aussi un projet colonial d'exploitation de la nature qui se caractérise par la crispation des intérêts coloniaux autour du rendement, l'obsession à la modification des logiques autochtones de production, et l'artificialisation de l'environnement pour produire de nouveaux gestes et objets.

Cependant, il est maintenant établi que les lieux de savoir sont souvent la figuration matérielle du projet scientifique qui les fonde. En partant de ce constat, notre étude se concentre sur les structures, l'organisation et le design architectural de la station expérimentale de Nkoemvone et du centre de recherche agronomique de Nkolbisson. Il avance l'idée que ces lieux de savoir ne sont pas des endroits uniques. Ils sont plutôt un enchevêtrement de plusieurs sites, traduisant ainsi un modèle singulier de construction des institutions de recherche agronomique au Cameroun français. Pour vérifier ces suppositions, le travail combine à la fois l'histoire de l'architecture coloniale, l'histoire des institutions scientifiques et l'histoire matérielle des savoirs. Il mobilise un corpus constitué de rapports, mais aussi de nombreuses photographies saisies comme des archives à part entière. La période couverte par le travail s'étend de 1948 à 1960, c'est-à-dire de la création des différentes institutions à l'indépendance du pays.


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