La question du progrès dans les projets de modernisation éducative au tournant du XXe siècle : savants et universitaires français devant la commission parlementaire en 1898
Félix Barancy  1@  
1 : Laboratoire Interuniversitaire des Sciences de l'Education et de la Communication  (LISEC)
Université de Lorraine
Université de Lorraine, 3 place Godefroy de Bouillon, 54000 Nancy -  France

Le dernier tiers du XIXe siècle est marqué par l'apparition, puis la généralisation, du diagnostic qu'une « crise morale » est en cours. Les réformes scolaires de cette période sont ainsi présentées comme des moyens privilégiés pour endiguer une telle crise. Pour autant, ces réformes sont aussi désignées comme responsables de l'aggravation de la crise. Pour cette raison, la nécessité d'une réforme générale du système scolaire pour faire face aux besoins présents de la société se confirme dans les années 1890. Pour préparer celle-ci, une enquête auprès de tous les intellectuels de la République est menée. Celle-ci est l'occasion de confronter deux collectifs se présentant comme des savants : les philosophes proches de la Revue de métaphysique et de morale, qui défendent l'idée d'une « faillite de la science » et militent pour la revalorisation des études classiques ; les savants, mathématiciens et physiciens de métier, qui ont à produire une pensée du progrès scientifique impliquant un progrès social et moral. Étudier les procès-verbaux de ces séances, le contexte et le processus de production de cette enquête d'un point d'histoire sociale et culturelle, permet ainsi de contribuer à faire l'histoire de la notion de progrès dans la société contemporaine, mais aussi à penser les effets et enjeux de la mise en récit d'une telle notion dans un contexte institutionnel.


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