EHS et filières enseignement
Pierre Savaton  1, 2@  
1 : Centre François Viète : épistémologie, histoire des sciences et des techniques
Université de Nantes : EA1161
2 : UFR des Sciences Département Biologie Sciences de la Terre
Unversité Caen Normandie

Communications, articles, ouvrages argumentant sur l'intérêt d'introduire une perspective historique et un regard épistémologique au sein des enseignements universitaires de sciences, se succèdent depuis près de 50 ans. Faut-il voir dans la persistance de ces discours le constat d'une situation figée, l'existence de frein ou d'obstacles ? Le cadrage des maquettes des diplômes universitaires sest renforcé par souci évoqué d'harmonisation destinée à faciliter la lecture du nouvel étudiant, selon certains par ajustement des poids horaires avec la diminution des moyens, selon d'autres. Quelles que soient les justifications ou explications avancées, force est de constater que nous avons été conduits ces 25 dernières années à réduire le volume horaire de nos maquettes de licences et de masters. Chaque réduction remet sur la table des négociations entre disciplines constituantes d'un diplôme la question du poids relatif des unes et des autres, et ces dernières années la question du poids des disciplines propres au diplôme vis-à-vis de celui des disciplines transversales ou des disciplines d'ouverture. Ces situations peuvent aussi bien conduire à appuyer l'introduction d'un enseignement d'histoire et d'épistémologie des sciences, parce que celui-ci est jugé transversal ou d'ouverture, qu'à s'y opposer au sein des disciplines scientifiques au motif que les volumes se réduisant, il consommerait des heures qui feront défaut à ces disciplines.

Cette communication se propose de discuter les arguments mis sur la table dans les filières universitaires (licences et masters) conduisant aux métiers de l'enseignement secondaire et précisément à la préparation du CAPES en cherchant à déterminer s'ils fonctionnent comme facilitateurs ou non. Les étudiants de ces filières devraient être formés à l'épistémologie et l'histoire des sciences car elles constitueraient une condition d'exercice du métier d'enseignant de sciences dans le secondaire (mise en avant de la dimension professionnelle) ou une condition de maîtrise réflexive des savoirs à enseigner, évaluée lors du concours. La place de l'épistémologie et de l'histoire des sciences dans les programmes du secondaire ou des concours de recrutement pourraient dès lors être mis en avant pour argumenter en faveur de leur enseignement en filière universitaire ou renforcer l'argumentaire plus général sur la nécessité de ne pas séparer la connaissance scientifique de la connaissance de son histoire. L'examen historique des programmes de sciences de l'enseignement secondaire et des programmes et rapports des concours du CAPES nous fourniront des éléments pour nourrir cette réflexion.


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