L'évolution biologique dans la SF : la génétique des populations perdue en route ?
Cyril Langlois  1@  
1 : Laboratoire Sciences, Société, Historicité, Éducation et Pratiques  (S2HEP)
Universite Claude Bernard Lyon 1, S2HEP, UR 4148, Villeurbanne, 69622, France
La Pagode, 38 boulevard Niels Bohr 69100 Villeurbanne -  France

La littérature de science-fiction, et plus particulièrement son courant qualifié de \emph{hard} science-fiction, est fortement associée à la science et aux technologies. Ce courant se donne pour règle de baser ses intrigues sur le respect des connaissances et des notions scientifiques admises de son temps pour éventuellement en explorer les points les plus audacieux et spéculatifs. Elle offre donc une fenêtre d'observation sur la diffusion des concepts de la biologie de l'évolution vers un public non spécialisé, mais intéressé par les sciences. Cette fidélité à la science est-elle valable vis-à-vis de la biologie, et notamment de la théorie de l'évolution qui en est un pilier fondamental ?

Depuis 1942, la théorie de l'évolution moderne, dite Théorie Synthétique ou Synthèse moderne, articule la théorie de la sélection naturelle de Charles Darwin (1809-1882) avec la génétique issue des travaux de Mendel (1822-1884) et De Vries (1848-1935) mais aussi, voire surtout, avec la génétique des populations, fondée par Ronald A. Ficher (1890-1962), John B. S. Haldane (1892-1964) et Sewall Wright (1889-1988). Cette branche de la génétique a notamment souligné combien l'évolution biologique d'une espèce dépendait non seulement des processus de sélection et de mutation, mais aussi de la taille et de la structure de ses populations.

Cet aspect de l'évolution biologique paraît important pour tout les récits de science-fiction qui envisagent en particulier des voyages spatiaux au très long cours, l'implantation de colonies sur des mondes lointains ou le devenir post-apocalyptique d'une humanité drastiquement réduite. À la lecture d'un corpus de romans du vingtième siècle, nous verrons qu'il paraît pourtant peu pris en considération par la science-fiction, qui semble lui préférer les notions de mutation et de mutant, qu'elle peut associer, selon les cas, à la menace nucléaire, au danger des rayonnements cosmiques, à la dégénérescence ou au progrès de l'humanité.


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