Tirer profit de la soie : machines et économie politique en France (1742-1796)
Lorenzo Avellino  1@  
1 : Université de Genève = University of Geneva  (UNIGE)
24 rue du Général-Dufour CH - 1211 Genève 4Suisse -  Suisse

Au XVIIIe siècle, l'émergence de Lyon en tant que capitale mondiale de la soie est rendue possible par l'importation d'un nouveau type de soie filée piémontaise, l'organsin. Ce fil a la particularité d'être tiré des cocons sur des tours dit "à la croisade" puis soumis à une forte torsion sur des moulins hydrauliques, ce qui le rend fin, "rond" et résistant. En France, l'objectif de se défaire de la dépendance vis-à-vis du Piémont pour l'approvisionnement de cette variété de soie est si pressant que l'organsin devient une véritable obsession dans l'économie politique du XVIIIe siècle au centre d'un débat qui touche aux grandes controverses sur la relation entre régulation, privilèges et liberté. La communication proposée présentera les enjeux liés au transfert des techniques de filature piémontaise en s'articulant autour de deux axes. Le premier axe analyse comment les différentes conceptions du rapport entre profit et technologie dans le commerce de la soie portées par les fabricants, négociants et inspecteurs des manufactures s'emboitent avec l'essor de l'économie politique en France. Ce débat sur l'automation anticipe sous certains aspects de réflexions qui se développeront en Angleterre seulement plusieurs décennies plus tard à partir du secteur cotonnier. Le deuxième axe se tourne vers l'élaboration de nouvelles machines et l'échec ou le succès de leur adoption, afin de rendre compte des effets concrets de ces façons distinctes d'envisager les bénéfices. Cela permettra d'éclairer de manière inédite les sources derrière le changement technologique.


Personnes connectées : 2 Vie privée | Accessibilité
Chargement...