De schizophrène à psychothérapeute : des récits qui soignent?
Camille Jaccard  1, 2, 3@  
1 : Université de Lausanne
2 : Institut des humanités en médecine, CHUV
3 : Institut d'histoire du temps présent  (IHTP)
Université Paris 8 Vincennes-Saint-Denis, Centre National de la Recherche Scientifique

Le livre Journal d'une schizophrène publié en 1950 par la psychanalyste genevoise Marguerite Sechehaye contient une « auto-observation d'une schizophrène pendant le traitement psychothérapeutique » suivi d'une interprétation par la thérapeute. Si le livre a connu de nombreuses rééditions après son adaptation cinématographique en 1968, dans un contexte marqué par l'antipsychiatrie, il est peu connu que la patiente prénommée Renée qui raconte sa maladie dans les premières pages est en fait Louisa Düss. Cette dernière réalisera à son tour une carrière de psychothérapeute et acquerra une certaine renommée en tant qu'autrice d'un test projectif adapté aux enfants : les « fables de Düss » dont on trouve une trace d'utilisation dans les premiers services médico-pédagogiques, en Romandie notamment. Dans un premier temps, cette communication synthétisera les connaissances sur les parcours de ces deux femmes et sur la réception de cet ouvrage. Il s'agira, ensuite, de préciser comment les autrices des textes contenus dans l'ouvrage ont participé à la connaissance de la schizophrénie, à l'élaboration de nouvelles méthodes psychothérapeutiques avec les adultes et les enfants et surtout à repenser les frontières de l'expertise psychologique.


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