Les tuffeaux et les ardoises dans les monuments ligériens
Transmettre, est un devoir mémoriel. Les monuments sont les témoins d'une époque. Ils forment le paysage. Ils procèdent d'une chaine d'activité depuis la production à la livraison (travail en carrière, fret, déchargement et entreposage dans les ports, livraison). Le chantier de construction, résultante de cette chaine, tenant en compte du nombre de blocs de pierre, de leur provenance, de leurs dimensions et de leur couleur, permet d'émettre des hypothèses sur un cas concret en croisant les sources archivistiques, les sources archéologiques et le monument.
Enquêter, comparer et transmettre permet d'émettre des hypothèses de restitution du fret depuis l'extraction, son chargement, son déchargement et enfin la construction. Croiser la source archivistique avec l'épave, les marchandises naufragées (ardoises, tuffeaux) et le monument dans un même espace géographique entend préciser la typologie, le dimensionnement, les formes et couleurs, les typologies des matériaux, les espaces et zones d'extraction, données absentes des actes écrits.
La Loire du XVIe et du XVIIe siècle sert de cadre à cette démarche pluridisciplinaire. Cette approche, en plus de déterminer les périodes de pose, permet d'enrichir l'approche patrimoniale et en particulier celle des matériaux.
Florent GODELAINE
Florent.godelaine.pdl@gmail.com
Docteur en histoire & chercheur associé
Université Lyon-II LARHRA UMR 5190