En France, au cours du XVIIIe siècle sont publiés de nombreux ouvrages traitant d'arithmétique et d'algèbre. Nous avons examiné certains d'entre eux, écrits en français. Il apparaît que leurs auteurs montrent certaines disparités concernant la manière d'aborder pourtant des objets arithmétiques élémentaires – nombres entiers, fractionnaires, décimaux – et leurs opérations, ainsi que la présentation de l'écriture algébrique et ses applications. Aussi, la manière de structurer le texte – la valeur accordée aux énoncés mathématiques et leur place dans le texte, l'importance des exemples, etc – n'est pas homogène et incite à penser un parti-pris éducatif que nous voulons questionner. Dans un premier temps, nous rendrons compte des différences entre les auteurs étudiés – Reyneau, De Crousaz, Lacaille, Gallimard, Bossut – par une synthèse comparative. Dans un deuxième temps, sous forme de table ronde, il s'agira d'ouvrir la discussion pour expliquer ces discordances, en particulier en cherchant à reconstruire les présupposés philosophico-pédagogiques convoqués chez de tels auteurs.